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Intervalle non borné

Dans une tribune du Monde daté du 24 janvier 1997, Laurent Mucchielli, chargé de mission à la fondation nationale des sciences politiques, conteste les déclarations des responsables politiques affirmant que le plan Vigipirate n’avait eu aucune influence sur la baisse de la délinquance enregistrée par les services de police en 1995 et 1996. Après quelques arguments convaincants, il conclut ainsi : « Enfin, et de manière générale, c’est une grande illusion de croire que les chiffres du ministère de l’Intérieur reflètent exactement la réalité sociale de la délinquance et de la criminalité. Ce que l’on appelle les enquêtes de victimologie permettent en effet de mesurer l’écart entre la délinquance enregistrée par la police et la délinquance réelle. Et cet écart est variable selon les infractions de 20 à 80%. »

Soit Ip les infractions recensées par la police et Iv les infractions comptabilisées dans les enquêtes de victimologie.

Laurent Mucchielli affirme que Ip/Iv appartient nécessairement à l’intervalle [20% ; 80%].

Oublie-t-il qu’il y a des délits sans victimes ? Dans ce cas Ip/Iv = Ip/0 = infini

Il y a aussi des victimes sans délit, dans ce cas

Ip/Iv = 0/Iv = 0

L’intervalle [20% ; 80%] est pure illusion. Ip/Iv se situe en fait entre 0 et l’infini.

(voir aussi rubrique "concours" de la Lettre blanche n°9, août 1997)

 
V.D.
 
 
Pénombre, juin 1997