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Précision de conjoncture

L’autre jour, c’était le 10 janvier, quelqu’un me demandait de combien les prix avaient monté en 2000. Il croyait que c’était un peu moins de 2%. J’avais en tête un peu plus. Je me demandais aussi s’il voulait parler de la hausse au cours des douze mois de l’année, ou bien de la hausse entre le niveau moyen de 1999 et celui de 2000.

Puis, je tombe sur la dépêche AFP du même jour (en écho à la publication de l’INSEE) : +1,8 % de décembre à décembre, alors qu’un mois plutôt on affichait +2,2 % de novembre à novembre. Nous avions tous deux raisons. En fait, aucun des deux. Ce qu’on a en tête, c’est un rythme, une tendance, une pente.

Si à un mois près le rythme annuel change à ce point, est-ce que ça veut encore dire quelque chose ? Sans compter que la mesure de la variation mensuelle est, elle-même, fragile. Deux jours plus tard, l’INSEE diffusait un nouveau chiffre pour décembre (nouvelle dépêche AFP) : une baisse de 0,1 % par rapport à novembre, ce qui ramène le 1,8 d’abord cité (de décembre à décembre) à 1,6 seulement ...

Je repensais à un récent article de Jean-Pierre Haug, dans Pénombre, stigmatisant le bruit qu’on fait à propos de résultats erratiques. Et, je me rappelais le cours de conjoncture économique que nous faisait, en 1960, Jacques Méraud : comparer un mois au même mois de l’année précédente n’a aucun sens...

René Padieu

 
Pénombre, Avril 2001